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L'atelier de recherche Transform'
(transdisciplinarité et formation)
est animé par Martine LANI-BAYLE,
professeur des Universités.
Premier essai d'écriture travaillée dans le cadre d'un cours à l'Université permanente sur le thème de ce qui reste de l'école, cet ouvrage a eu non seulement très rapidement beaucoup de lecteurs, mais aussi des effets totalement inattendus : tant dans les classes de collèges, en LEP ou dans des maisons de retraite ; que comme déclencheur d'écriture malgré soi. Il donne lieu, depuis 2009, à une recherche complémentaire réalisée cette fois auprès d'enfants : Raconter l'école en cours de scolarité
Le projet est parti par hasard, il a saisi au vol une occasion offertes dans un groupe d'écriture à l'Université permanente de croiser des écritures sur cette période spéciale comme on n'en rencontre qu'une fois par siècle et par millénaire. Il a réuni des textes d'étudiants volontaires du groupe et d'universitaires ayant accepté de laisser trace de la façon dont ils ont parcouru ce passage, saisi dans le vif entre morts et naissances.Témoignant d'une variété d'interprétations du temps des calendriers pour une mélodie à onze voix, ces textes nous font pénétrer des tranches de vie à la fois personnelle, familiale, sociale et professionnelle, qui nous toucheront toutes par leur universelle singularité autant que leur sincérité. Voici donc onze façons d'avoir pensé le temps et la vie - d'avoir employé son temps et sa vie - d'un millénaire l'autre.
Croisant des témoignages d'acteurs, de témoins privilégiés, de sociologues et de personnes d'âge différent lors des « événements » - dont plusieurs de l'Université permanente -, ce document montre que la situation autant que l'âge de chacun au moment de ce qui se passe, module la façon dont ce sera vécu et ressenti, ce qui construit de façon différentiée les mémoires individuelles et la mémoire collective. Le lecteur pourra y confronter ses souvenirs - ou ce qui lui aura été transmis par ses proches au plan intergénérationnel, voire enseigné par l'école (à partir de quand a-t-on besoin de celle-ci pour apprendre le monde ?).
Fruit de voyages et travaux réalisés entre la Pologne et le Japon, cet ouvrage montre combien le passé peut rester actif au regard du rapport au savoir de la personne, surtout quand il touche des zones sensibles rebelles aux mots et interdites de transmission.
Ces travaux, mettant en jeu 3 générations et réalisés avec la collaboration d'équipes locales sur les 5 continents (14 pays), ont étudié de façon relative et comparative en quoi la formation de la personne est marquée par les événements qui la touchent de près comme de loin, voire de très loin.
Cette recherche, croisant quatre générations (de 15 à 87 ans), a mis en évidence en quoi les plus jeunes ont besoin des savoirs vivants des aînés pour étayer non seulement leurs savoirs sur le passé, mais aussi leurs projections vers l'avenir.
Les travaux ici exposés ont mis en évidence combien les histoires personnelles intergénérationnelles, composant souvent avec l'extrême, ne sont pas anodines au regard de la construction des savoirs qui pourra en être perturbée, exacerbée, voire favorisée - en tout cas touchée. Mais la transmission entre générations n'est pas ce que l'on croit, elle n'est pas dans l'émission (ce que l'on veut ou pense transmettre) mais dans la réception (ce que l'autre fait de ce qu'il reçoit ou pas).
Ce travail, croisant récit pictural et écrit, constitue une première pierre vers la constitution d'une « photobiographie intergénérationnelle », à savoir la possible reconstitution-reconstruction de savoirs antérieurs enfouis dans des captures graphiques du réel. A l'époque de la surenchère des images diverses et de l'explosion du numérique, ce regard sur les débuts de la photographie et sur ce qu'elles témoignent du vécu des hommes les ayant réalisées est riche d'enseignements sur la façon dont nous construisons nos savoirs et représentations du monde.
Mis à jour le 8 mars 2012 par Simy VERMILLION
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