• Le 13 février 2018
    De 14:30 à 16:00
    Campus centre ville
    Amphi Kernéis, 1 rue Bias Nantes
    • Gratuit abonnés mardis littéraires UP, étudiants (formation initiale) et personnel de l'Université sur présentation de la carte
    • 3 € entrée inviduelle UP
    • 5 € tarif tout public
  • Plan d'accès

Une conférence à l’occasion de la sortie du roman d’Ysabelle Lacamp consacré à Robert Desnos et de l’exposition des oeuvres picturales de Ceija Stojka à La maison rouge. Cycle "Rencontres poétiques"

Bruno Doucey sera accompagné par  :
  • Ysabelle Lacamp, romancière, auteure du roman consacré à Robert Desnos Ombre parmi les ombres (Éditions Bruno Doucey, coll. "Sur le fil", janvier 2018)
  • Marie Cantos, chargée des publics à La maison rouge – fondation Antoine de Galbert, en charge de l’exposition Ceija Stocka, une artiste rom dans le siècle (du 23 février au 20 mai 2018)
Présentation des ouvrages présentés :

Ysabelle Lacamp1. Ysabelle Lacamp, "Ombre parmi les ombres" - Télécharger le communiqué de Presse

Mai 45, libération du camp de Terezín. Un air de jazz siffloté par un petit Tchèque aux oreilles en choux-fleurs bouleverse l’un des rescapés des camps qui vient d’échouer ici, au terme d’une longue marche de la mort. L’enfant s’appelle Leo Radek. Il est le dernier enfant survivant de Terezín, antichambre de la mort pour des milliers de Juifs, où les nazis parquèrent des artistes pour servir de vitrine en une sordide mascarade. Lui aussi est bouleversé par la rencontre qu’il vient de faire : cet homme décharné, fiévreux, au regard bienveillant et si transparent, parle ce français qu’il aime, et c’est un poète. Il s’appelle Robert Desnos. Comme un grand frère protecteur, le poète qui se meurt, trouve encore une fois les mots. Ysabelle Lacamp nous convie à cette rencontre inoubliable où la poésie triomphe sur la barbarie, et où l’humour est plus fort que la mort.

2. Ceija Stojka  "Auschwitz est mon manteau et autres chants tsiganes" - Télécharger le communiqué de Presse

Elle dit que « le tournesol est la fleur du Rom », qu’elle est une Tsigane qui aime « la pluie, le vent et l’éclair, quand les nuages masquent le ciel ». Ceija StojkaElle dit qu’Auschwitz est son manteau et qu’elle ne connaît pas la peur car sa peur s’est arrêtée dans les camps. Elle dit que les notes de ses chansons en romani « sont toutes encore en désordre », mais que cela ne l’empêche pas de dire « Oui à la vie ». Elle, c’est Ceija Stojka, la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner par l’art et par la poésie. Les poèmes de cette autodidacte ont été arrachés aux carnets où se mêlaient dessins, souvenirs de l’horreur, notes journalières et listes de mots allemands dont elle voulait apprendre l’orthographe. Publiés pour la première fois en France, ils révèlent une artiste majeure de notre temps. Merci, Ceija, d’avoir tellement donné.

Bruno Doucey est à la fois écrivain et éditeur. Après avoir dirigé les éditions Seghers, il a fondé en 2010 une maison d’édition vouée à la défense des poésies du monde et aux valeurs militantes qui l’animent. Il est l’auteur d’une oeuvre qui mêle l’analyse critique et la poésie, la résistance et le lyrisme, ainsi qu’en témoignent les anthologies qu’il a publiées aux éditions Gallimard et Seghers (La Poésie engagée, La Poésie lyrique, Je est un autre, Poésies de langue française).  Maître d’oeuvre du Livre des déserts (Robert Laffont, 2005) et auteur de L’aventurier du désert (Elytis, 2010), il est, selon René Depestre, préfacier de ses Poèmes au secret (Le Nouvel Athanor, 2007), « un arpenteur des solaires équipées du sable et du vent ». S’il existe un pays est le 50ème recueil de sa maison d’édition. Bruno Doucey voue régulièrement sa plume au destin des poètes qu’on assassine. Il consacre, dans la collection « Ceux qui ont dit non », d’abord un roman au chanteur chilien Victor Jara, tué par les sbires du général Pinochet (Victor Jara, Non à la dictature, Actes Sud Junior), puis à Federico Garcia Lorca, tombé sous les balles franquistes (Federico Garcia Lorca, Non au franquisme, Actes Sud Junior) et, en 2018, au chanteur kabyle Lounès Matoub, (Lounès Matoub, Non aux fous de dieu, Actes Sud Junior). En 2014, il redonne vie à la jeune résistante juive allemande Marianne Cohn, assassinée par les nazis (Si tu parles, Marianne, Éditions Elytis, 2014). En 2015, il s’introduit dans les pensées et le quotidien de Max Jacob, en une identification plus vraie que nature (Le carnet retrouvé de monsieur Max (Éditions Bruno Doucey). Avec son recueil de poèmes S’il existe un pays (2013), il nous invitait à un voyage autour du monde ; avec Ceux qui se taisent (mai 2016), c’est le monde qui vient à nous. Le livre  témoin d’une époque.
http://www.editions-brunodoucey.com/events/conference-sur-lounes-matoub/