• Le 19 mars 2018
    De 14:30 à 16:00
    Campus centre ville
    Amphi Kernéis, 1 rue Bias Nantes
    • Gratuit abonnés UP, étudiants (formation initiale) et personnel de l'Université sur présentation de la carte
    • 5 € tarif tout public
  • Plan d'accès

En partenariat avec le Centre Culturel Franco-Italien (CCFi). Cycle de 2 conférences sur François d'Assise : 19 et 26 mars

Annick Peters-Custot, ancienne élève de l’École normale Supérieure de la rue d’Ulm, agrégée d’histoire et docteur en histoire médiévale, byzantiniste de formation, Annick Peters-Custot est spécialiste de l’histoire de l’Italie méridionale aux périodes byzantine, normande et souabe. Ses travaux ont plus particulièrement porté sur l’acculturation des populations grecques de l’Italie méridionale, sur l’histoire monastique de la l’Italie médiévale, sur l’imaginaire occidental du moine oriental et sur l’idéologie politique de la monarchie « normande » des Hauteville. Ses travaux actuels portent à la fois sur la circulation de la prétendue « règle de saint Basile » en Occident, et sur l’appropriation par les royaumes de l’idéologie impériale, sur le temps long (Moyen Âge-époque moderne) avec le programme Imperialiter, qu’elle coordonne : http://www.efrome.it/la-recherche/programmes/programmes-scientifiques-2017-2021/imperialiter.html
Elle a publié notamment : Les Grecs de l’Italie méridionale post-byzantine. Une acculturation en douceur (IXe-XIVe siècles), Rome, 2009 (Collection de l’École française de Rome, 420) ainsi que : Bruno en Calabre. Histoire d’une fondation monastique dans l’Italie normande : S. Maria de Turri et S. Stefano del Bosco, Rome, 2014 (Collection de l’École française de Rome, 489).

Cycle de conférences sur François d’Assise.
La figure de François d’Assise a repris une vigueur nouvelle à l’échelle internationale lorsque, en 2013, pour la première fois, un pape a pris le nom de François et a placé explicitement son pontificat sous le patronage de François d’Assise, en lui associant ses actions les plus emblématiques, tant dans sa proclamation de simplicité personnelle, que dans l’affirmation d’une doctrine de l’écologie chrétienne dans la seconde encyclique « Laudato sì » dont le titre, pour la première fois, ne provient pas des deux premiers mots latins du texte, mais de celui, en dialecte ombrien, du Cantique des Créatures de François d’Assise.
La figure de saint François se reconnaît dans toutes les échelles de la géographie humaine : saint de l’Ombrie médiévale, patron de l’Italie, fondateur d’un des plus puissants ordres religieux internationaux médiévaux, révolutionnaire de l’Eglise, sa vie marque une rupture non seulement religieuse et politique, mais également dans les usages du dialecte, de l’art et de la musique. Il s’imposait donc pour accompagner le projet de voyage en Ombrie, ainsi que la thématique portée par le CCGI cette année, sur les dialectes italiens.

19 mars 2018 : L’Ombrie de François d’Assise
Cette conférence présentera la biographie de François d’Assise au travers des lieux essentiels de sa vie en Ombrie, sa région natale, où il prêcha sa révolution de la pauvreté et de l’humilité et qu’il ne quitta que rarement et brièvement, pour Rome, Bologne ou, exceptionnellement, Damiette, où il tenta de prêcher la foi chrétienne auprès du Sultan. Cette conférence sera ainsi l’occasion d’un voyage historique illustré dans l’Ombrie du XIIIe siècle, dont la vie de François d’Assise illustre les plus beaux endroits, à commencer par la ville d’Assise elle-même, mais aussi Pérouse (Perugia), Spolète (Spoleto), Gubbio, ainsi que des lieux plus discrets, encore imprégnés de la présence de cet ermite contrarié. On en profitera pour éclairer les arrière-plans de cette vie unique : la culture courtoise d’une élite bourgeoise en pleine ascension ; les communes italiennes médiévale, institutions politiques uniques de l’Occident ; les conflits entre le pape et l’empereur ; les contestations contre l’Église et la contre-offensive menée par les papes, etc.

26 mars 2018 : La révolution François d’Assise
Cette conférence vise à présenter brièvement l’ensemble des révolutions dont François, par sa vie comme par la réception de sa figure dans l’art et dans l’histoire, fut le porteur : une révolution dans l’Église, d’abord, fondée sur une proclamation neuve de la pauvreté et de l’humilité non comme vertus individuelles, mais comme exigences évangéliques collectives ; une révolution politique, ensuite, manifeste dans la proposition de solutions pour instituer un pouvoir nécessaire (celui du gouvernement de l’ordre des Frères mineurs) sans céder aux tentations inévitables du pouvoir ; une révolution linguistique, artistique et musicale enfin.
Si certaines de ces ruptures ont été atténuées par les logiques institutionnelles, notamment ecclésiales, elles ont laissé des traces jusqu’à nos jours, et portent encore des fruits inattendus dans l’art, la littérature, la pensée, le cinéma et la musique contemporains.