Arnaud Decker 43 ans directeur des relations institutionnelles chez Lagardère Active - branche médias du Groupe Lagardère - était vendredi 16 décembre l'invité de l'Observatoire des médias de l'université permanente de Nantes pour une conférence débat sur le thème des enjeux de la numérisation des médias.
En paraphrasant très librement un ancien ministre français de la culture, on pourrait dire que "Les Médias du XXIème siècle seront numérisés, ou ne seront pas". Les groupes de médias ont engagé leur mutation numérique, une mutation sans précédent, depuis plusieurs années maintenant. En termes de chiffre d'affaires, les activités numériques des médias demeurent certes modestes par rapport aux activités traditionnelles ("off-line"). Mais la consommation et les audiences évoluent à grande vitesse, grâce à une appropriation rapide des nouvelles technologies et des nouveaux terminaux par les Français. L'essentiel des investissements en moyens et en hommes des entreprises de médias est consacré à cette mutation de grande ampleur, qui "interroge" l'ensemble des métiers de médias : l'éditorial, bien sûr, mais aussi le marketing, la distribution, etc.
Quels sont les choix et les défis que cela implique pour un groupe de médias diversifié comme Lagardère Active (leader français de la presse magazine et de la production audiovisuelle, acteur important dans le domaine de la radio, de la télévision, des sites internet et des applications pour terminaux mobiles) ?
Ces questions ont été abordées à partir d'exemples concrets pris dans les entreprises de médias et présentées de façon très pédagogique à partir d'un diaporama qui montrait bien l'extraordinaire bouleversement en cours, et "l'agilité" dont les acteurs de ce secteur doivent faire preuve.
Arnaud Decker interrogé par Jean Amyot d'Inville et Jean-Claude Charrier.
Jean-Claude Charrier
jeanclaudecharrier@orange.fr
06 81 70 74 15
Quelle évolution pour ne pas dire quelle révolution ! Aurait-on imaginé traiter ce thème il y a neuf ans au début des conférences de notre Observatoire ? En choisissant ce thème : "L'avenir de la numérisation des médias", Arnaud Decker nous transporte dans un nouvel univers. Curieusement le public - pas seulement les élèves du lycée Carcouët - ne semble pas perdu. Etonné et surpris sans doute : jusqu'où va-t-on aller ?
Thème d'avenir pour le plus jeune de nos intervenants. Arnaud Decker n'a pas l'âge du département mais déjà un beau cursus. Quatre parchemins - sciences po, sciences com (major de promo), docteur en sciences éco, DEA économie industrielle et stratégiques - suivis de quatre beaux stages consacré à la publicité puis au lobbying et marketing. Six ans à Canal +, notamment à la direction du développement et de la stratégie, puis six ans au CSA comme directeur des études et de la prospective, participant notamment au lancement de la TNT.
Depuis trois ans il est directeur des relations institutionnelles France et international chez Lagardère Active. Le groupe est puissant et varié, comprenant une trentaine de médias avec quelques fleurons : en presse écrite Paris-Match, Elle, Télé 7 jours et le Journal du dimanche ; radio : Europe 1 et RFM ; télévision Gulli et Canal J etc.
Il faut s'y faire : le numérique est partout, la télévision devient intelligente, un tiers de Français - bientôt les deux tiers - ont accès aux médias par Internet. En plus de la TNT, accessible à tous, un foyer sur deux peut regarder la TV par câble et satellite. Voici aussi la TV de rattrapage pour un foyer sur cinq, grâce à Internet. La vidéo payante va décoller. Accessible notamment sur des tablettes de plus en plus grande qualité.
Dans son groupe Arnaud Decker travaille sur tous ces sujets, sachant que le podcast  est entré dans les mœurs. Exemple : en plus de la version papier, bien connue, de Paris-Match, voici la version enrichie, avec vidéo, pour moins cher ! Le magazine « Elle » n'est pas en reste. Les médias de son groupe accueillent 16 à 18 millions de visiteurs mois, loin, il est vrai, derrière le géant Springer en Allemagne.
Google, Apple (« Steve Jobs était un génie »), Facebook : ces nouveaux géants ont pris leur part (du gâteau) dans le monde de l'information, donc dans le marché publicitaire : Google n'est-il pas juste derrière TF1 et M6 en recettes de publicité ? Il est donc nécessaire de tenir compte de ces réseaux et de travailler avec eux. Projets et actions en cours.
On n'est pas au bout de nos surprises. Et rendez-vous avant dix ans !
Jean Amiot d'Inville