Une ( brève) découverte de Nantes et un honneur pour l'OMUP de recevoir ce 6 janvier, Arlette Chabot qui n'est pas une habituée des conférences débats.

Avec une grande franchise et une liberté de ton appréciées, elle a fait part de son expérience de journaliste politique et des rapports compliqués mais passionnants avec les hommes politiques. Plutôt avare en sourire (!) et un côté Buster Keaton encore plus frappant qu'à la télé, elle a répondu parfois avec verdeur et avec de nombreux exemples aux questions des auditeurs.
Les difficultés des débats politiques à la télé :
Peu d'hommes politiques veulent vraiment débattre (" Sarko et Hollande aiment et sont des débatteurs de 1er plan")
Il faut gérer les problèmes d'ego " Je ne parle pas à l'autre con !"
La gestion des temps de parole est aberrante " Comment faire 25 minutes avec Schivardi ?""
"Le débat appartient à ceux qui le font et non à ceux qui l'organisent" Il faut donc se plier aux stratégies des organisations ou des hommes politiques.
Beaucoup d'anecdotes sur les à-côtés de grands débats comme celui des présidentielles 2007 : les négociations sur le cadre, la table, la climatisation" Sarkozy, trop chaud ! Royal trop frais !" L'épreuve de passer 2 h 1/2 pour poser 3 questions et sortir de tout cela effondrée. Souhaiterait qu'il y ait au moins deux débats de 2ème tour. Le contexte économique et social fait que la langue de bois est plutôt en recul. Le face à face de responsables politiques est plus intéressant que l'interview car ils sont tous rompus aux techniques de l'interview.

 


Les grandes émissions en direct sont stressantes " Le générique, c'est pour tous, l'apparition de la Vierge ! le ciel qui tombe sur la tête ! j'ai parfois eu envie d'interrompre une émission, comme lors des européennes - débat Bayrou- Cohen Bendit"
Une bonne dose de scepticisme à l'égard de l'apport des réseaux sociaux, restant fidèle à une conception journalistique anglo-saxonne dans laquelle deux qualités journalistiques doivent toujours s'imposer : l'honnêteté et le professionnalisme " Il faut juger le journaliste à son travail" " Le journalisme militant est à bannir, sauf si l'on est dans un journal clairement engagé"
Arlette Chabot ne porte pas un regard manichéen sur l'information de service public et celle du privé : pour faire de l'info de qualité il faut des moyens.
Un développement intéressant aussi sur les nouveaux visages médiatiques de l'extrême droite à la fois dans les thèmes et de plus en plus d'élus ( cf.Suède - Suisse).
"Rapports au pouvoir politique ? Beaucoup de patrons du privé - immuables - c'est pire !"
Et pour conclure : " J'ai beaucoup d'expérience, du recul, je suis détendue..."
Et une confidence hors conférence sur le très mauvais souvenir d'une conférence devant des jeunes d'une école de journalistes ayant une bien piètre opinion de leur futur métier. Il faut redonner de la flamme !
Jean-Claude Charrier
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